Quelle est la différence entre le VIH et le SIDA ?

Le Syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA) est une maladie causée par un virus qui s'appelle le Virus d'immunodéficience humaine (VIH). Il faut donc être porteur du VIH pour développer le SIDA. Toutefois, de nos jours, les porteurs du VIH peuvent espérer ne jamais développer le SIDA. Pour ce faire, il leur faut s'engager à prendre une combinaison de médicaments sans manquer de doses. Ainsi, pour certaines personnes, le VIH peut maintenant être qualifié de maladie chronique et non mortelle. Ces personnes ont la possibilité de maintenir un système immunitaire intact qui les protégera contre des infections potentiellement mortelles.


Contagion

Mais attention ! Il demeure très important de ne pas propager l'infection. Pour ce faire, il faut être extrêmement vigilant pour éviter tout contact avec des liquides biologiques infectés (sang, sperme et sécrétions vaginales surtout). D'ailleurs, tout nouveau partenaire sexuel devrait être considéré comme un porteur potentiel du VIH et les relations sexuelles non protégées par un condom en latex avec spermicide devraient être évitées. Et, puisqu'il y a maintenant autant de nouveaux cas chez les femmes que chez les hommes, cette précaution s'applique à tous les types de relations (incluant le sexe oral).


Complications

Même si le nombre de personnes infectées par le VIH continue d'augmenter, l'épidémie du SIDA (la complication mortelle du VIH), semble stable pour le moment. Les médicaments qui empêchent le virus de se multiplier permettent de prévenir la destruction du système immunitaire et l'apparition d'infections ou de cancers. Donc, nous verrons probablement moins de pneumonies, de tuberculoses, de candidoses, de méningites ou de Kaposi, chez les porteurs du VIH. Ceci, grâce aux médicaments qui réduisent la quantité de virus présente chez les porteurs (charge virale) ainsi que le degré de l'atteinte.


Triple thérapie

Un médicament anti-rétroviral agit en ralentissant la multiplication du virus et en freinant l'augmentation de la quantité de virus présente dans le sang (charge virale). La prise d'un médicament n'élimine pas complètement le virus et ce dernier apprend vite à se défendre. On utilise donc, 2 ou 3 anti-rétroviraux pour avoir un impact sur le virus et retarder l'émergence de résistance qui survient lorsqu'on utilise un seul médicament. Pour mettre toutes les chances de leur côté, les personnes atteintes devront faire un effort particulier pour ne pas manquer de doses. Tout laisse croire qu'en manquant des doses on diminue l'impact des médicaments en favorisant le développement de résistance chez le virus.

Il est important de comprendre que les médicaments ne guérissent pas la maladie; ils préviennent plutôt le développement de complications en contrôlant la charge virale. De plus, le traitement n'élimine pas la possibilité de transmission du VIH et une personne traitée peut quand même transmettre la maladie.


Le rôle du pharmacien*

Pour beaucoup de personnes atteintes du VIH il est difficile de s'habituer à prendre des médicaments de façon régulière. Cette tâche devient de plus en plus difficile quand on sait que certains médicaments doivent être pris à jeun et d'autres après les repas. Il n'est pas rare que certains patients aient des régimes complexes incluant la prise de dizaines de comprimés par jour.

Un des rôles importants du pharmacien est de s'assurer que l'ordonnance soit appropriée et que le meilleur traitement disponible soit utilisé chez tous les patients. Les anti-rétroviraux étant des médicaments efficaces, ils causent certains effets indésirables qui peuvent être passager. Le pharmacien est habilité à évaluer l'importance des effets indésirables et pourra faire des suggestions pour améliorer le régime thérapeutique.

Une fois que le pharmacien s'est assuré que le traitement choisi convient, il doit s'assurer que la personne atteinte prenne toutes ses doses. Dans le but d'éviter une rechute et le développement d'une résistance, le pharmacien pourra bâtir un horaire adapté au rythme de vie du patient. Cet horaire prendra en considération les caractéristiques des médicaments et les mariera avec les habitudes de vie du patient (éveil, repas, coucher). Dans certains cas, le pharmacien pourra même proposer l'utilisation d'un dispositif qui avertit le patient quand il est temps de prendre son médicament.


Bonnes habitudes

En plus d'éviter les relations sexuelles et le partage d'aiguilles, lesquels risquent de propager le VIH, la personne atteinte de VIH doit être prudente pour protéger son système immunitaire. Il lui faut donc s'assurer de bien manger, de bien dormir, et de faire bouillir pendant au moins trois minutes l'eau qu'elle désire boire ou utiliser pour se brosser les dents. Elle doit également éviter de manger des aliments crus ou des aliments qui n'ont pas été lavés, et elle doit prendre soin de se laver les mains avant de manger et de préparer des aliments, ou après avoir manipulé des déchets, des couches, des animaux ou de la terre.


Informations exactes

Les personnes atteintes du VIH doivent être vigilantes et ne pas tout croire ce que différents médias incluant l'internet racontent sur leur condition. Le pharmacien demeure une source d'information exacte et adaptée à la condition de chacun. Toute personne ayant des inquiétudes, des craintes ou des problèmes concernant les médicaments devraient en parler ouvertement avec son pharmacien. Le pharmacien est un spécialiste du médicament disponible pouvant aider toutes les personnes ayant des interrogations et faciliter leurs prises de décisions.

* Le genre masculin n'est utilisé que dans le but d'alléger le texte.

Source : SiteSanté