Les choix de la ménopause

Dois-je prendre des hormones ? À l'approche de la ménopause, toutes les femmes se posent la même question et c'est important de le faire. Le choix qu'elles feront aura un impact très significatif sur leur santé et leur qualité de vie. Voici quelques faits sur les bénéfices et les risques associés à la prise d'hormones. Si vous ou une personne chère vivez ou aurez à vivre votre ménopause, lisez bien l'information qui suit et demandez-nous votre copie de l'outil d'évaluation des risques/bénéfices que nous avons conçu pour vous.


Les hormones traitent plus que des symptômes

Les hormones ne servent pas uniquement à traiter les symptômes reliés à la ménopause, comme les bouffées de chaleur, l'anxiété ainsi que les troubles du sommeil et de l'humeur. Elles ont également des effets bénéfiques sur le système circulatoire, le système digestif, la fonction sexuelle, la peau, la vessie, les os et les dents. Il existe même des données qui laissent croire que l'hormonothérapie à long terme peut protéger contre les pertes de mémoire associées à la maladie d'Alzheimer. Il faut donc cesser de penser aux hormones uniquement comme traitement de problèmes passagers qui disparaîtront d'eux-mêmes. Aussi, il faut envisager la prise d'hormones pour des dizaines d'années et non pas seulement pour la période qui suit immédiatement l'arrêt des menstruations.


La ménopause n'est pas une maladie

L'hormonothérapie de remplacement permet de prévenir plusieurs affections graves. Même s'il est erroné de penser que la ménopause est une maladie qu'on doit traiter, il faut reconnaître que la perte des effets protecteurs des oestrogènes présente plusieurs risques pour la santé. Au fond, la prise d'hormones est une mesure préventive au même titre que l'exercice physique ou la régularisation de la pression artérielle. Les effets préventifs de l'hormonothérapie viennent s'additionner aux autres mesures. L'hormonothérapie permet de compenser les risques associés au manque d'oestrogènes.


Le cœur et le colon

Contrairement à ce que la plupart des femmes croient, les oestrogènes ont un effet bénéfique sur le cœur et les vaisseaux sanguins. En effet, l'hormonothérapie substitutive à long terme réduit de 40 à 50 % le taux de mortalité du à la principale cause de décès chez la femme, la maladie cardio-vasculaire. Également, une réduction similaire s'applique à une autre cause de mortalité importante chez la femme, le cancer du colon.


L'ostéoporose

L'ostéoporose touche actuellement une Canadienne de plus de cinquante ans sur quatre et cette maladie a des répercussions énormes lorsqu'elle cause une fracture. Heureusement, la prise d'hormones réduit de moitié le nombre de ces fractures. Il est important de noter que sans oestrogène, le calcium ne pénètre pas dans les os et que les suppléments de calcium pris seuls ne sont pas efficaces.


Le cancer du sein

Par le passé, la prise d'oestrogènes a été associée à un risque accru de cancer du sein et ceci a fait en sorte que bon nombre de femmes ont choisi de ne pas en prendre. Mais qu'en est-il vraiment ?

Si on compare mille femmes ménopausées qui prennent des oestrogènes avec mille femmes ménopausées qui n'en prennent pas, on constate, après cinq ans, qu'il n'y a pas de différences significatives entre le nombre de cancer du sein dans les deux groupes. Cependant, après 10 ans d'hormonothérapie, il risque d'y avoir six cas de cancer du sein de plus dans le groupe qui prend des hormones. Après vingt ans de prise d'hormones le nombre additionnel de cancer du sein passerait à douze.

Bien que ces chiffres puissent paraître inquiétants, ils représentent une possibilité et non une certitude. De plus, l'augmentation relative du risque demeure très faible. En ne considérant que la baisse du risque cardio-vasculaire associée à l'hormonothérapie, on compense plusieurs fois l'augmentation possible du risque de cancer du sein. Pour mettre les choses en perspective, une prise de poids causant une élévation de l'indice de masse corporelle d'un kg/m2 augmente plus le risque de cancer du sein que la prise d'hormones. Il en est de même pour chaque année de retard dans le début de la ménopause.


Le cancer de l'utérus

Pour ce qui est du cancer de l'utérus, il faut savoir qu'une hormonothérapie optimale chez une femme n'ayant pas subi l'ablation de l'utérus doit comporter une hormone de type oestrogène et une hormone de type progestative. L'hormone progestative, protège contre le cancer de l'utérus. Ainsi, les femmes qui prennent une combinaison d'hormones ont un risque moins élevé de souffrir d'un cancer de l'utérus que les femmes qui ne prennent rien.


Pour prendre une décision éclairée

La décision de prendre des hormones pendant et après la ménopause demeure une décision personnelle. Pour prendre la bonne décision, les femmes auront besoin de connaître tous les avantages et les désavantages reliés à l'hormonothérapie. Il faudra qu'elles évitent de baser leur décision sur des préjugés et elle devront toujours garder l'esprit ouvert. Le pharmacien et le médecin sont deux professionnels qui peuvent informer les femmes sur les nouvelles données relatives à l'hormonothérapie de remplacement.

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Source : SiteSanté