La grippe

Malgré ce qu'on entend souvent, la grippe et le rhume, ce n'est pas la même chose ! On n'a penser aux ravages qu'a fait la grippe espagnole, par exemple, pour comprendre la gravité des complications associées à une pandémie de grippe.

Comme nous le mentionnions dans notre dernier numéro sur le rhume, la grippe se distingue du rhume par la sensation de malaise généralisé qu'elle provoque — douleurs musculaires, fatigue intense, forte fièvre — qui s'ajoute aux symptômes traditionnels du rhume.


Une grippe, c'est quoi ?

Une grippe est une infection causée par l'un des trois types de virus influenza. Seuls les types A et B causent les épidémies qui se produisent de décembre à mars au Canada. Il ne sera donc pas question du type C dans la présente discussion.

Bien que des nausées et des vomissements puissent s'ajouter aux symptômes traditionnels de la grippe chez les enfants, il ne faut pas confondre la gastro-entérite et la grippe. Qu'on se le dise : la grippe intestinale n'existe pas ! Si seul le système digestif est affecté, il ne s'agit pas de virus du type influenza ; ce n'est donc pas une grippe.


Le fameux vaccin

Heureusement, notre corps se défend contre les virus en développant des anticorps. Bonne nouvelle donc, puisqu'une fois développés, ces anticorps procurent une protection qui peut durer toute la vie. Un peu comme les garanties commerciales, celle-ci ne vaut cependant que pour un virus ou un antigène précis. Notre corps doit donc se bâtir une ligne de défense propre à chaque virus. C'est ce principe que la science utilise pour fabriquer des vaccins.

Le vaccin idéal devrait contenir des antigènes contre toutes les souches de virus influenza, ce qui est malheureusement impossible à réaliser. C'est pourquoi, tous les ans, les autorités sanitaires doivent déterminer quelles sont les trois souches qui risquent le plus d'être présentes dans le monde au cours de la prochaine année. Si leurs prévisions sont exactes, le vaccin sera efficace dans70% à 90% des cas. Mais il y a parfois des impondérables qui rendent ces prévisions caduques et le vaccin, inefficace ; c'est le cas lorsqu'il y a des mutations virales. On dit alors que la grippe est mauvaise ou qu'il y a pandémie, c'est à dire une épidémie mondiale.

Les jeunes gens en bonne santé ne risquent pas de développer des complications et sont à même de fabriquer leurs anticorps ; c'est pourquoi le vaccin ne leur est habituellement pas destiné . On recommande cependant aux personnes décrites dans l'encadré (ci-dessous) de se faire vacciner avant la fin du mois de novembre, et ce, à tous les ans. Les femmes enceintes, dont l'accouchement est prévu dans la première moitié de l'année, devraient demander à leur médecin si elles doivent être vaccinées contre la grippe.


Devriez-vous être vacciné contre la grippe ?

Oui, si vous :

Avez plus de 60 ans et ce, même si vous êtes en parfaite santé ?

Souffrez d'une maladie chronique ?
(Les enfants souffrant d'une maladie chronique peuvent être vaccinés dès l'âge de six mois) :

maladie pulmonaire;
maladie cardiaque;
maladie rénale;
diabète;
troubles immunitaires (médicaments, VIH-SIDA);
anémie;
cancer;
fibrose kystique.

Travaillez ou vivez dans un endroit où on retrouve plusieurs des personnes décrites ci-haut ?
Voyagez beaucoup ?
Vous soignez l'un des groupes-cibles décrits ci-haut (professionnellement ou non).


Contagion

Le virus de la grippe se transmet d'une personne à l'autre de la même façon que le rhume (surtout par l'air ambiant et les mains). Il est plus fort et se propage plus facilement à de nouvelles victimes dans les deux premiers jours de la maladie alors que le virus se multiplie et que les symptômes ne sont pas encore très évidents.

Les gens qui voyagent en avion sont souvent responsables de l'immigration de nouvelles souches de virus d'un endroit à l'autre. Les premières vagues d'infection proviennent d'enfants en garderie ou à l'école. Ces deux groupes-cibles devraient prendre des précautions particulières dès l'apparition des premiers symptômes pour éviter de transmettre l'infection dans les foyers où les deuxièmes vagues infectieuses pourraient avoir des conséquences sérieuses.

N'oubliez pas de vous laver les mains régulièrement.


Mesures d'hygiène pour limiter la propagation de la grippe

Se laver les mains régulièrement avec de l'eau et du savon (les savons anti-bactériens ne sont pas plus efficaces) pendant au moins 15 secondes.

Éviter de serrer les mains si l'une ou l'autre personne est infectée.

Ne pas utiliser les verres, crayons, appareils téléphoniques ou autre dispositif qu'autrui peut placer près de sa bouche ou son nez.

Utiliser des mouchoirs et des essuie-mains en papier pour pouvoir en disposer sans que d'autres les manipulent.

Porter un masque chirurgical ou rester à la maison et s'isoler dès les premiers symptômes.


Traitement

Bien que l'influenza soit beaucoup plus incommodant que le rhume, on applique habituellement le même traitement de base. Une période de repos où la personne atteinte prend soin de boire beaucoup de liquide et de bien s'alimenter, demeure la pierre angulaire du traitement.

Deux nouveaux médicaments d'ordonnances ont récemment été approuvés pour raccourcir la durée des épisodes d'influenza chez les adultes. Le zanamivir, qui doit être inhalé, ainsi que l'oseltamivir, qui est absorbé par la bouche, permettent d'écourter la durée d'un épisode grippal. Pour être efficaces, ces médicaments doivent être pris dès les premiers symptômes et moins de 48 heures après leur apparition. Une étude récente a même démontré que si on commence à prendre de l'oseltamivir dans les premiers 12 heures de symptômes on pourra se sauver de trois jours de grippe.

L'inhalation de la poudre de zanamivir n'est pas recommandée chez les gens qui souffrent de maladies pulmonaires car elle peut aggraver les troubles respiratoires.

Aussi, il est important de savoir que les médicaments ne remplacent pas un vaccin, au demeurant la meilleure stratégie contre la grippe. Les médicaments se révèlent toutefois forts utiles lorsque le vaccin n'arrive pas à prévenir la grippe suite à un problème d'efficacité. Rappelez-vous : plus rapidement on les débutent plus efficace ils sont. N'hésitez donc pas à consulter votre médecin dès que les symptômes vous frappent.


Traitement des complications

Le but du traitement de la grippe est d'éviter les complications. Parmi celles-ci, on retrouve l'otite, la sinusite, la bronchite et la pneumonie. Cette dernière peut être particulièrement dangereuse et même, pour certains, mortelle. En présence de toux et de fièvre persistante, on ne doit jamais hésiter à consulter un médecin.


Les médicaments en vente libre (Votre pharmachoix)

Les inhalations de vapeurs et l'utilisation intra-nasale et orale de solutions d'eau salée (1/2 cuillerée à thé dans 250 ml d'eau bouillie) ont un effet apaisant sur les symptômes respiratoires. Il n'est pas recommandé d'arrêter une toux productive mais plutôt d'en faciliter le travail afin d'éliminer le virus et réduire les complications. Le DM, un antitussif efficace, est réservé aux toux irritantes et sèches en l'absence de fièvre, de maladies respiratoires ou de douleur annonçant une complication.

L'acétaminophène 650 à 1 000 mg aux quatre heures est très utile pour soulager les douleurs musculaires et contrôler la température corporelle. Il faut éviter la prise d'aspirine chez les enfants.

N'oubliez pas que les médicaments sans ordonnance ne font qu'apaiser les symptômes. Seuls les médicaments qui demandent une ordonnance peuvent écourter la durée de votre grippe.

Source : SiteSanté