Bronchite chronique et emphysème
La bronchite chronique et l'emphysème sont deux maladies respiratoires bien connues des professionnels de la santé sous le vocable "Maladies Pulmonaires Obstructives Chroniques" ou MPOC. Ensemble, elles affectent 750 000 personnes au Canada et représentent la cinquième cause de décès.
La bronchite chronique et l'emphysème sont des maladies bien différentes de l'asthme. En effet, les MPOC sont caractérisées par une dégénérescence irréversible du système respiratoire alors que les troubles respiratoires occasionnés par l'asthme sont épisodiques. Même si les dommages sont permanents, il est possible d'améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de bronchite chronique ou d'emphysème.
Le souffle de vie
On a beau vouloir vivre d'amour et d'eau fraîche, c'est impossible ! Tout le monde sait qu'il faut aussi de l'air pur... Donnez-moi de l'oxygène !, (You know the song : "All I need is the air that I breathe") chantait Diane Dufresne. Ce n'est pas pour rien puisque nos organes et cellules doivent recevoir leur ration régulière d'oxygène qui leur est acheminée par le sang. Mais comment l'oxygène se rend-elle au sang ?
Quand on respire, l'air passe par une série de tubes, dont le pharynx, le larynx et la trachée. Cette dernière se divise en deux pour former les bronches qui acheminent l'air vers chaque poumon. Les bronches se divisent à leur tour en plusieurs petites bronchioles à l'extrémité desquelles on retrouve un sac, appelé "alvéole". C'est au niveau des alvéoles que s'effectue les échanges gazeux entre l'air et le sang. Et la bronchite dans tout ça ?
La bronchite chronique est caractérisée par une atteinte des bronches et des bronchioles qui n'arrivent plus à dégager les sécrétions et le mucus qui s'accumulent. Ceci cause une obstruction rendant les échanges gazeux plus difficiles et qui peut résulter en emphysème lorsque les parois des alvéoles sont affectées.
Symptômes
L'essoufflement et la toux sont les principaux symptômes des maladies pulmonaires obstructives chroniques. La toux est habituellement grasse mais elle n'arrive pas à dégager les bronches de façon efficace. Si la maladie est avancée, la personne a de la difficulté à respirer en position couchée et doit dormir avec plusieurs oreillers.
Une incidence accrue d'infections respiratoires est associée aux MPOC et on doit être vigilant pour éviter de contracter des rhumes ou des grippes. Il est important de recevoir un vaccin anti-grippal à tous les ans et un vaccin antipneumococcique qui offre habituellement une protection à vie. Si on est atteint de MPOC, on doit aviser son médecin dès l'apparition de l'un des symptômes suivants :
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Fièvre; |
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Oedème (rétention d'eau) aux jambes; |
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Difficulté respiratoire ou toux qui s'aggrave; |
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Expectorations (sécrétions) plus abondantes; |
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Expectorations (sécrétions) plus purulentes. |
Causes
L'inflammation des bronches est un phénomène fréquent au Québec (in Canada). Les irritants chimiques, la pollution, la fumée de cigarette ainsi que les infections virales et bactériennes peuvent causer une bronchite. Cependant, pour qu'une bronchite devienne chronique, il faut qu'on ait perdu notre capacité de dégager les voies aériennes. Comme la fumée de cigarette paralyse ce réflexe, elle est la principale cause de MPOC.
Bien que le vieillissement soit associé à une moins grande résistance à l'effort et à un essoufflement accru, on ne devrait pas se résigner à ce que ces phénomènes viennent réduire notre autonomie. Le médecin peut facilement évaluer la fonction respiratoire d'un patient en lui faisant subir des tests de spirométrie. Il s'agit d'un test simple où le patient est invité à souffler dans des tubes pour évaluer sa capacité respiratoire.
Il est très rare qu'une MPOC se déclare avant l'âge de 60 ans, période où l'asthme est le trouble respiratoire le plus fréquent. Toutefois, les
personnes qui ne produisent pas suffisamment d'une protéine nommée alpha-antitrypsine souffrent d'emphysème vers 45 ans. Si en plus d'avoir cette déficience, on fume, l'emphysème apparaît vers l'âge de 35 ans.
Différences entre la MPOC et l'asthme
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MPOC |
Asthme |
| Début |
Généralement après 60 ans |
Généralement avant 45 ans |
| Lien avec tabac |
Cause de la maladie |
Aggrave la maladie |
| Obstruction |
Permanente |
Réversible |
| Évolution |
Lente, constante et progressive (sur 10 ans) |
Début par une crise fulgurante puis alternance avec périodes de répit |
| Invalidité |
Après plusieurs années |
En période de crise seulement |
| Condition associée |
Tabagisme |
Allergies |
Tabagisme
Toute personne atteinte de MPOC doit immédiatement cesser de fumer. Réduire sa consommation de cigarette ne sufit pas ; il faut cesser complètement en suivant un programme de désaccoutumance au tabac. Plusieurs programmes sont disponibles et votre pharmacien offre le matériel du programme "Cesser de fumer... Maintenant !" ainsi que le "Journal de l'ex-fumeur de bonne humeur !". Pour réussir, il est important de se préparer un bon plan, de choisir une date et de persévérer. N'hésitez pas à consulter votre pharmacien. Il se fera un plaisir de faire le suivi régulier de toute personne qui désire cesser de fumer et d'être témoin de la signature du contrat d'abandon de la cigarette qui se retrouve dans le "Journal de l'ex-fumeur de bonne humeur."
Éducation
Les personnes atteintes de MPOC se sentiront mieux si elles sont appuyées et participent aux activités suivantes :
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Activité physique |
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Apprentissage et perfectionnement de la technique de toux |
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Apprentissage et perfectionnement de la technique de respiration |
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Apprentissage et perfectionnement de la technique d'inhalation des médicaments |
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Relaxation |
Alimentation
Les personnes ayant des carences alimentaires voient leurs troubles respiratoires s'aggraver. Comme c'est également le cas de ceux qui font de l'embonpoint , il est important de s'alimenter de façon équilibrée en évitant les abus.
Un traitement différent de celui de l'asthme
Une fois les assises du traitement bien établies, le médecin peut prescrire des médicaments à ceux dont les activités quotidiennes sont affectées par la maladie. Le traitement des MPOC est basé sur l'utilisation régulière de médicaments qui dilatent les bronches (les bronchodilatateurs) et réduisent la production de sécrétions.
Contrairement à l'asthme, où l'on passe d'une étape à l'autre en ajoutant des corticostéroïdes anti-inflammatoires dès qu'un bronchodilatateur est utilisé plus de trois fois par semaine, ceux-ci ne seront utiles que chez environ un patient sur dix atteints de MPOC.
Les médicaments contre la toux sont également déconseillés à ceux qui souffrent d'asthme ou de MPOC à moins d'en avoir discuté avec un médecin. C'est généralement en buvant suffisamment d'eau (deux litres par jour) et en prenant les médicaments prescrits que la toux sera le mieux traitée.
Bien utiliser ses pompes
Pour qu'un médicament soit efficace, il doit pénétrer le plus loin possible dans les bronches et les bronchioles. Pour ce faire, on doit avoir une bonne technique d'inhalation. Bien qu'elle soit plus facile à démontrer qu'à décrire, en voici les sept étapes clés :
| 1. |
Retirez le couvercle de la pompe.
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| 2. |
Bien agiter le contenant.
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| 3. |
Asseyez-vous en inclinant la tête légèrement vers l'arrière.
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| 4. |
Placez l'embouchure de la pompe vers le bas et l'aligner face à votre bouche ouverte.
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| 5. |
Expirez normalement par la bouche puis, appuyez sur la pompe lorsque vous commencez à inspirer lentement et profondément par la bouche. Continuez à inspirer lentement pendant trois à cinq secondes pour que le médicament pénètre le plus loin possible dans les bronches.
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| 6. |
Gardez cette inspiration le plus longtemps possible (environ dix secondes) avant d'expirer par le nez.
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| 7. |
Attendez au moins une minute avant de répéter les étapes 2 à 6 si une deuxième dose est prescrite. |
Demandez une démonstration dès aujourd'hui à votre pharmacien.
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