Les quatre premières minutes d'une entrevue sont décisives

Ça y est ! Vous avez décroché une entrevue pour un emploi. La rencontre n'est prévue que dans quelques jours et déjà vous avez des papillons dans l'estomac. " C'est bon signe, affirme Gaétan Saint-Pierre, conseiller à l'information scolaire et professionnelle au Cégep de Rivière-du-Loup. Cela veut dire que l'emploi vous intéresse vraiment. " Cette nervosité ne doit cependant pas affecter votre performance lors de l'entrevue. Le secret pour diminuer son trac : bien se préparer. " Ce n'est pas le temps de faire de l'improvisation ", affirme M. Saint-Pierre.


Une bonne préparation doit inclure les aspects suivants :

1. Bien connaître l'entreprise

Quelle est sa place dans le marché ? Son chiffre d'affaires ? Ses champs d'activité ? Ses acquisitions récentes ? Diverses sources d'information permettent d'accumuler ces renseignements : rapports annuels, site Internet et journaux. Il peut être utile de s'informer sur la concurrence pour avoir un portrait plus complet du secteur.

2. Bien connaître le poste

On peut demander de nous envoyer la description du poste à pourvoir. Si on a répondu à une annonce, on la consulte à nouveau pour se rafraîchir la mémoire. On en saura ainsi un peu plus long sur les tâches à accomplir, les compétences recherchées et les objectifs de l'employeur.

3. Bien se connaître

Quelles sont vos plus récentes réalisations ? Quelle orientation voulez-vous donner à votre carrière ? Quelles sont les valeurs les plus importantes à vous yeux ? Où se situent vos intérêts ? Dans quelle situation êtes-vous le plus et le moins performant ? Quel est votre type de personnalité ? Ce n'est pas toujours facile de répondre à ces questions. Et c'est souvent sur ces aspects que les candidats trébuchent en entrevue. À cette étape, il faut savoir se vendre. Tout bon vendeur vous dira qu'il est essentiel de bien connaître son produit. Dans la recherche d'un emploi, le produit c'est vous.


Des pièges à éviter :

Il semble que ce serait dans les quatre premières minutes que l'employeur décide, ou non, de vous embaucher. De là l'importance de bien se préparer. Une préparation adéquate devrait permettre au candidat d'abaisser son niveau de stress sans lui faire perdre sa spontanéité. "L'importance est d'être naturel", affirme M. Saint-Pierre. Il ne faut pas tenter d'en faire trop.

En essayant d'épater, on risque davantage de trébucher. On profite de chaque question pour bien se vendre. On utilise des phrases ni trop courtes ni trop longues pour éviter de se perdre dans son propos.

La clé du succès : la confiance en soi. "Développer sa confiance en soi à deux jours de l'entrevue, c'est trop tard", dit M. Saint-Pierre. Jeter un regard juste et honnête sur soi-même permet d'alimenter cette confiance. C'est pourquoi il est essentiel de bien se connaître. "Chaque entrevue d'embauche peut devenir une source utile d'informations sur soi-même", ajoute le spécialiste, auteur du livre Droit sur mon emploi publié aux Éditions Septembre.

"On ne devrait pas refuser une entrevue à moins d'avoir déjà décidé qu'on ne veut pas de doute. Se soumettre à cet exercice, c'est comme apprendre à patiner. Au début, on tombe souvent, mais chaque expérience sert à améliorer ses points faibles et à se sentir plus solide."

Et si on commet un faux pas ? Selon le cas, il y a moyen de rattraper le coup. Par exemple, si la nervosité nous a empêchés de répondre de façon juste à une question, on peut marquer des points en expliquant son malaise au recruteur. Celui-ci constatera notre capacité à reconnaître notre erreur et à tenter de la corriger.

Attention aux pièges. "Si le recruteur fait une remarque désobligeante, on ne doit pas avoir peur de répliquer, explique M. Saint-Pierre. Ce peut être un truc qu'il utilise pour savoir si le candidat est capable de se défendre et s'il sait faire face aux situations embarrassantes. Il faut toutefois répondre de façon polie."